Comment l’huissier de justice peut-il rester au cœur de l’exécution forcée à l’ère de l’intelligence artificielle ? Cette question a traversé les premières Journées du Forum latino-américain des huissiers de justice (Primeras Jornadas del Foro Latinoamericano de Oficiales de Justicia), qui se sont tenues à Buenos Aires les 8 et 9 octobre 2026 sur le thème « Le facteur humain dans l’exécution forcée : l’huissier de justice à l’ère de l’intelligence artificielle ». Ces deux journées de débats étaient organisées par l’UIHJ et la Dirección General de Mandamientos d’Argentine, avec la participation active de l’UEHJ.
L’UIHJ était représentée par Marc Schmitz, Président, Jos Uitdehaag, Premier vice-président, Jean-Pierre Herbette, Vice-président, Sue Collins, Secrétaire adjointe, Malone Cunha, Paulo Teixeira et Mohamed Reda Bougrine, membres du Bureau, Patrick Gielen, Secrétaire général, et Luis Ortega, Conseiller du Président. L’UEHJ était représentée par Marc Schmitz, également son Président, Robert Cicuto, Trésorier, Oscar Jans, Secrétaire, ainsi que Doreen Donner, Małgorzata Pedziszczak et Paulo Duarte Pinto, membres du Comité exécutif.
Repenser le rôle et les compétences de l’huissier de justice
Les premiers échanges ont porté sur les nouveaux défis de l’exécution forcée et l’élargissement des compétences des huissiers de justice. Luis Ortega (Espagne) les a animés avec Marcello Terto e Silva, membre du Conseil national de justice (Brésil), Paulo Duarte Pinto (Portugal) et Ana Arabuli, chargée des relations publiques du NBE (Géorgie). Le regard du continent est venu d’Oscar Ortiz, Receptor Judicial (Chili), qui a modéré un panel sur les défis de la profession en Amérique du Sud avec Mariana Liria (Brésil) et la Dre Mariana Puglisi (Argentine).
Le lendemain, Marc Schmitz et la juriste argentine Dre Aida Kemelmajer de Carlucci ont examiné, autour du modérateur, la place de l’huissier de justice comme agent d’exécution, entre la norme et la réalité mondiale. Patrick Gielen a ensuite modéré un panel sur l’importance de l’huissier de justice dans le procès, avec le Dr Marcelo Gallo Tagle, Président de la Fédération latino-américaine des magistrats, le Professeur Alejandro Pastorino, juge civil et professeur argentin, et Robert Cicuto (France).
La dimension humaine de l’exécution forcée
Plusieurs panels ont placé l’humain au centre. Edith Testa (Argentine) a conduit une réflexion sur le rôle de l’empathie, entre théorie de la justice et théorie du droit, avec Orazio Melita (Italie) et Gabrielle Lorea Gomes (Brésil). Jorge Lucena (Argentine) a modéré un panel sur la vulnérabilité et l’accès à la justice, avec le Dr Mariano Godachevich, avocat au ministère de la Justice (Argentine), Gloria Calderon Duque, Procurador de los Tribunales (Espagne), et Rosario Brinsek, Directrice de la Direction générale des mandats (Argentine).
La santé de ceux qui exécutent était aussi à l’ordre du jour. La psychologue Ana Muravchick a animé un panel sur la santé mentale des huissiers de justice, consacré à l’épuisement professionnel, à la violence dans l’exercice de la fonction et aux stratégies de soutien. Elle était entourée de la Dre Silvia Bentolila, psychiatre, et du Dr Leonardo Ghioldi, doyen du corps médical légiste (Argentine).
L’intelligence artificielle et les nouvelles compétences
L’intelligence artificielle a été abordée de front. Malone Cunha (Brésil) a modéré un panel sur les limites éthiques et juridiques de l’IA dans l’exécution forcée, consacré à la responsabilité, aux biais algorithmiques et à la protection des données, avec le Dr Sebastian Chumbita, de la Cour suprême d’Argentine, et Jos Uitdehaag (Pays-Bas). La question des compétences a suivi. Małgorzata Pedziszczak (Pologne) a animé un panel sur la formation continue de l’huissier de justice et les compétences technologiques, procédurales et humaines du XXIe siècle, avec Daniel Faiao (Brésil) et Victor Gustavo Pulichino (Argentine).
Vers une intégration latino-américaine
Les Journées se sont achevées sur l’intégration latino-américaine des acteurs de la justice dans un monde globalisé. Pablo Lamounan a modéré ce dernier panel, avec Cristina Castro, Présidente des Receptores (Chili), Fabio Maia, Président de la FENASSOJAF (Brésil), et Luis Ortega (Espagne). Cette initiative s’inscrit dans l’action menée de longue date par l’UIHJ sur le continent américain, et en particulier en Amérique du Sud.
Pas d’exécution forcée effective, pas de justice effective
Pour l’UIHJ et l’UEHJ, le message de Buenos Aires est clair. Un jugement sans exécution forcée est une justice qui reste sur le papier. À l’ère de l’intelligence artificielle, la technologie doit assister le jugement humain, et non le remplacer.
Nous remercions chaleureusement Pablo Lamounan et Rosario Brinsek pour leur invitation et pour la qualité de l’événement, ainsi que tous les amis et collègues que nous avons eu le plaisir de rencontrer et de retrouver à Buenos Aires.



