Le 1er octobre 2025 s’est tenue à Belgrade, au Crowne Plaza Hotel, une conférence exceptionnelle intitulée « La puissance du constat : des origines à l’intelligence artificielle », organisée par la Chambre nationale des huissiers de justice de Serbie sous son président Bojan Kostic, avec le soutien de l’Union internationale des huissiers de justice (UIHJ). Cet événement a réuni de nombreux professionnels venus de plusieurs pays autour d’un thème central : le rôle du constat dans la preuve judiciaire et son adaptation aux défis technologiques contemporains.
En Serbie, les huissiers de justice ne disposent pas encore de la compétence pour établir des constats. Cependant, cette évolution figure parmi les principales aspirations de la Chambre nationale, qui œuvre activement pour que cette mission soit intégrée dans les attributions des huissiers de justice serbes. L’objectif est de renforcer le rôle de ces professionnels dans la collecte et la sécurisation de la preuve, en s’inspirant des bonnes pratiques observées dans d’autres pays européens. Le constat constitue en effet un outil essentiel pour garantir la transparence, prévenir les litiges et renforcer la confiance dans la justice.
Tout au long de la journée, les participants ont pu assister à une série d’interventions de haut niveau retraçant l’évolution du constat d’huissier de justice, de ses origines à ses perspectives futures. Françoise Andrieux, présidente honoraire de l’UIHJ, a ouvert les travaux en rappelant l’évolution historique du constat et la place qu’il occupe aujourd’hui dans les systèmes de preuve. Lionel Decotte, commissaire de justice en France, a ensuite présenté plusieurs cas pratiques illustrant les défis rencontrés par les huissiers de justice et les solutions apportées sur le terrain.
Le président de l’UIHJ, Marc Schmitz, a captivé l’auditoire avec une présentation consacrée à l’utilisation du drone dans le cadre du constat, démontrant comment cette technologie innovante peut contribuer à renforcer la précision et la fiabilité des constats, tout en respectant les exigences juridiques. L’intervention de Sébastien Trapon, commissaire de justice en France, a ensuite permis de rappeler la force probante du constat et ses conditions de validité, tandis que Robert Cicuto, trésorier de l’UEHJ, a invité à réfléchir sur les perspectives offertes par l’intelligence artificielle dans la production de preuves.
La table ronde finale, réunissant l’ensemble des intervenants et sous la modération de Jos Uitdehaag, premier vice-président de l’UIHJ, a donné lieu à un riche échange sur l’avenir du constat d’huissier de justice, ses enjeux et ses limites, dans un contexte où les avancées technologiques bouleversent les pratiques judiciaires.
En marge de l’événement, Marc Schmitz, président de l’UIHJ, a rencontré Son Excellence Nenad Vujic, ministre de la Justice de la République de Serbie. Les discussions ont porté non seulement sur les avantages que représente le constat par huissier de justice pour renforcer l’efficacité et la transparence de la justice, mais également sur les défis que la digitalisation et l’intelligence artificielle posent à la profession. Cette rencontre a confirmé la volonté partagée de poursuivre un dialogue constructif en vue d’adapter les systèmes judiciaires aux réalités du monde moderne, tout en préservant la dimension humaine au cœur de la justice.


